Jean-Pierre Montaron
Soyez les bienvenus sur ce parcours, le long de ces allées garnies de rayonnages.
J’y ai déposé les fruits d’années de recherche et de travail.

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  • Le souvenir d’une couronne très blanche de cheveux entourant un crâne luisant, bombé. Avec de grands yeux bleus, du bleu d’un lac de montagne. C’était un Suisse qui, au cours des repas, échangeait un sourire plein d’empathie avec les autres convives devant l’éternel adolescent que j’étais resté et qui voulait porter sur ses épaules tout le poids du monde et toutes les révoltes.
  • Le souvenir du regard figé de ce jeune garçon qui était venu s’asseoir sur la banquette du train, juste en face de moi, menotté, lié par de grosses chaînes aux gendarmes qui l’encadraient.
  • Tout ça, c’était après mai 68, les barricades, la répression. Mais la remise en cause, l’élan de la parole n’avaient pas envahi la zone d’ombre de la prison.
  • Tout ça, c’était avant que j’abandonne les petits boulots, un badge de stagiaire direction, et que je devienne prof à plein temps, à la prison de Fresnes, puis à celle de Fleury Mérogis.

Visite guidée de l’exposition à travers mes souvenirs

  • Chaque année, j’ai travaillé sur la violence, avec des oscillations liées aux événements survenus et aux différentes techniques utilisées : peinture, photo, collage, illustration, installation.
  • La peinture. Abstraite, avec les tourbillons de noir, les lignes brisées, les taches blanches du centre. Figurative, avec les soirs de tempête, la maison qui se délabre, cette femme qui, dans l’équilibre de sa nuit, va tomber.
  • La guerre de 14-18. La liste des morts sur les monuments, dans chaque petit village, plus longue que la liste des vivants. Mon grand-père. Revenu gazé, en fauteuil pour le reste de sa courte vie. Mon grand-oncle, jamais retrouvé. Leurs grands portraits ovales colorisés qui ont orné les murs de la maison et hanté mon enfance.
  • Les multiples, continuels conflits qui couturent de plaies la planète.
  • J’ai arrêté la voiture sur le trottoir. J’ai écouté la radio. En boucle. C’est seulement quand les collègues sont venus me dire : « T’as-vu, il y a eu un attentat à New York ! » que j’ai commencé à croire que c’était vrai.
  • Depuis cinq ans, je note des phrases tirées des livres que je lis, et ensuite j’illustre ces phrases, dans une recherche de convergence.
  • Des masque africains. Toni Morrison qui, dans ses romans, nous parle de l’esclavage où la couleur de la peau résume l’homme noir.
  • La rouille décorée pour son dernier voyage. Echoué là dans un petit port de Sicile. « A bon port ». Au milieu des barques de pêcheurs, des bateaux de plaisance. Avec sa cargaison de migrants sauvés de la noyade pour être rejetés.
  • Des pochoirs grandeur nature, photographiés sur une palissade à Barcelone. Des jeunes, dos courbés, qui se dirigent vers l’Agence pour l’emploi. Des collégiens m’ont raconté qu’ils étaient les seuls à quitter la maison le matin, sans bruit, laissant leurs parents, chômeurs, au fond de leur lit.
  • La presse, avec articles et photos, nous livre son lot de violences quotidiennes. J’ai mélangé les titres et les photos, et ainsi les minarets suisses indésirables se dissimulent au milieu des montagnes.
  • Avec tous nos rêves brisés de justice, de révolution.
  • Avec la vie qui nous envoie en maison de retraite, nous frappe de douleur, d’épidémie.
  • Garder son cœur d’enfant qui, toujours, à un moment ou à un autre, se serrait en pensant à tous ceux pour qui ces festivités de Noël rendaient la misère, la souffrance habituelles plus cruelles.

Les phrases illustrées sont tirées des livres suivants :

- Un Don – Toni Morrison
- La Mort de Brune – Pierre Bergougnioux
- Les Années grises – Philippe Claudel
- La Victoire de Jaurès – Charles Silvestre
- Article de Jaurès dans le journal L’Humanité, cité dans le livre La Victoire de Jaurès, de Charles Silvestre
- Les Nouveaux contes de la cité perdue – Richard Bohringer
- A moi seul bien des personnages – John Irving
- Le Vieux qui lisait des romans d’amour – Luis Sepulveda
- La Lampe d’Aladin - Luis Sepulveda
- Les Impliqués – Zygmunt Miloszewski
- Retour à Killybegs – Sorj Chalandon
- Le Pic du diable – Deon Meyer
- Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonasson
- Eldorado – Laurent Gaudé

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Exposition Violences - Parcours guidé

Vous pouvez voir les photos de l’exposition en bas de la page.

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